Interview de Damien Albrespy : comment choisir son enfumoir ?

Choisir son enfumoir

L’enfumoir est le véritable symbole en Apiculture ! Il représente, avec le lève-cadre, l’outil indispensable à conserver constamment à ses côtés. Il s’utilise à chaque intervention au rucher et permet de mieux maîtriser le comportement des abeilles. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, savoir s’en servir est tout un art et son utilisation n’est pas sans risque ! Damien Albrespy a accepté de répondre à toutes nos questions. Il nous présente également son concept innovant : le vaporisateur Apisolis.

À quoi sert un enfumoir ? Quand l’utiliser ?

« L’enfumoir permet de garder une colonie calme pendant les visites au rucher. L’action de la fumée masque les phéromones d’alarme des abeilles et les rend moins agressives. Elle déclenche un réflexe de conditionnement qui stresse fortement les abeilles ».

Ainsi, il devient possible de manipuler les cadres sans risque de piqûres.

« L’enfumoir s’utilise avant chaque intervention. Certains apiculteurs commencent par enfumer l’entrée de la ruche, au niveau de la planche d’envol. Moi, je préfère enfumer directement par le dessus en entrebâillant légèrement le couvre-cadres. », nous explique Damien Albrespy.

Quels sont les critères de choix d’un bon enfumoir ?

« Il y a 2 critères majeurs à prendre en compte pour choisir son enfumoir. »

  1. L’autonomie. Elle est variable selon le choix du combustible, son taux d’humidité, la taille du réservoir (contenance) et la fréquence d’utilisation.
  2. La solidité de l’outil. Les enfumoirs « haut de gamme » (de type Dadant) coûtent 2 fois plus cher, mais ils sont aussi nettement plus résistants. Cela se vérifie notamment au niveau du soufflet qui est l’élément le plus sollicité. En ce qui concerne le soufflet de l’enfumoir Dadant, il est en cuir.

Pour être pertinent, le choix de l’enfumoir doit refléter votre activité apicole et son intensité. Combien de ruches possédez-vous ? Quelle sera la fréquence d’utilisation de l’enfumoir ? Si vous êtes apiculteur amateur, un enfumoir d’entrée de gamme peut parfaitement convenir. En revanche, pour les apiculteurs professionnels, la qualité, la sécurité et l’autonomie de l’outil sont des critères de choix primordiaux !

Quels sont les différents types d’enfumoirs possibles ?

Types d'enfumoirs

« Tous les enfumoirs sont, sur le principe, assez similaires, il existe toutefois quelques variantes ! »

L’enfumoir se compose de 3 éléments :

  1. Le réservoir. Il sert à stocker le combustible. Sa contenance est variable. Ainsi, les modèles XL sont plus hauts que les versions classiques. Plus de volume de stockage, c’est tout simplement plus d’autonomie de fonctionnement !
  2. La grille de fond. Elle évite l’amas du combustible dans le fond du réservoir qui provoquerait l’extinction de l’enfumoir. Sans air, pas de fumée ! Cette grille permet donc de laisser un espace vide et contribue à maintenir un flux d’air constant. Une seconde grille est parfois rajoutée en partie haute pour empêcher que le combustible chaud ne tombe lors de la manipulation.
  3. Le soufflet. Il permet d’alimenter le réservoir en air et d’augmenter le tirage par simple pression, et donc de diffuser plus de fumée. Sur les enfumoirs électriques, ce soufflet est remplacé par une poignée avec un bouton d’activation.

La plupart des enfumoirs sont équipés d’une grille externe qui évite de se brûler et d’un crochet pour l’accrocher sur la ruche.

La boutique en ligne de MaMiellerie.com vous propose différents modèles :

Ainsi que des kits « prêts à l’emploi » :

Quels conseils donneriez-vous pour allumer et utiliser l’enfumoir ?

« La technique de l’enfumage requiert une certaine maîtrise qui s’acquiert avec le temps ! D’ailleurs, cette méthode fait partie intégrante des formations proposées par les ruchers-écoles. »

  1. Le combustible doit être suffisamment sec.
  2. Le réservoir doit être vidé et propre.
  3. La grille de fond doit être bien positionnée.
  4. La combustion doit être incomplète, à l’image du très mauvais rendement de combustion qu’offre une cheminée à foyer ouvert ! En effet, ce qui est recherché, c’est d’obtenir un maximum de fumée blanche, mais avec le minimum de chaleur possible.
  5. La bonne inclinaison de l’enfumoir est à 45°. Cela évite de faire tomber le combustible.
  6. L’allumage peut être réalisé par l’intermédiaire d’une grande allumette, d’un briquet « spécial tempête » ou d’un chalumeau.

Utiliser un enfumoir

Quels sont les risques en cas d’enfumage excessif ou insuffisant ?

« L’erreur fréquente des apiculteurs débutants est de trop enfumer la ruche, ce qui peut représenter une source de stress supplémentaire pour les abeilles ou à l’inverse de ne pas enfumer suffisamment, ce qui les rend plus agressives ! Il faut surtout veiller à ce que la température du foyer ne soit pas trop élevée. L’enfumoir doit produire une fumée sans chaleur, car celle-ci risquerait de brûler les ailes des abeilles. »

Par ailleurs, l’inhalation d’un excès de fumées est aussi dangereuse pour les abeilles que pour l’apiculteur.

Il est à noter également que la cire et le miel sont des produits hydrophiles. Par conséquent, ils vont capter et absorber durablement les fumées. Le goût peut alors se ressentir à la dégustation lors de la récolte du miel.

Quels combustibles sont à recommander ou à éviter ?

« Les fumées sont des déchets toxiques que l’apiculteur respire. Donc, il faut éviter de brûler des cartons par exemple. En effet, ceux-ci contiennent des colles qui, lors de la combustion, dégagent des COV (Composés organiques volatils). En revanche, la lavande est un bon combustible, elle peut s’acheter sous forme de granulés (Apidou). Les aiguilles de pin (Api-cloud) fonctionnent très bien également. »

« Réaliser un tampon d’herbe dans la partie haute du réservoir de l’enfumoir est une solution pour que le combustible enflammé ne tombe pas lors de la manipulation. »

Quels sont les gestes à éviter ?

« L’enfumoir doit toujours être à portée de main, mais parfois celui-ci dérange. Le geste à proscrire est de le placer entre ses jambes (risque de se brûler et de le faire tomber) ou de l’éloigner et de l’oublier alors que vous intervenez sur vos ruches. »

Les enfumoirs sont souvent équipés d’un crochet, justement très pratique pour les poser sur un côté de la ruche.

Dans tous les cas, il faut toujours garder un œil sur son enfumoir et ne jamais le poser directement sur le sol.

Comment éteindre un enfumoir ?

« Pour éteindre un enfumoir, il faut le priver de son air. La méthode classique consiste à placer un bouchon de cire au niveau du bec. Toutefois, cette technique est loin d’être infaillible, et chaque année nombre de véhicules d’apiculteurs partent en fumée ! »

Comment nettoyer l’enfumoir ? Quel entretien ?

« Il faut systématiquement entretenir son enfumoir ! En effet, la combustion étant volontairement de mauvaise qualité (combustion incomplète), la fumée se condense. En refroidissement, un dépôt inflammable se forme (goudron ou bistre) »

Damien Albrespy utilise un chalumeau (effet pyrolyse) pour régénérer la combustion et éliminer ainsi les dépôts plus facilement, grâce au décollement de la matière.

Comment vous est venue l’idée de créer le vaporisateur Apisolis ?

« Préserver la santé des apiculteurs et celles des abeilles ! », tel est l’objectif premier de Damien Albrespy, lui-même apiculteur de métier. « Je cherchais une solution simple à mettre en œuvre, sécurisée, meilleure pour l’environnement et pour l’homme. »

L’idée part d’un constat : l’enfumoir est à la fois l’allié de l’apiculteur, mais aussi son principal danger ! En effet, les apiculteurs inhalent des polluants de toutes sortes tout au long de leur activité. Après plusieurs années d’utilisation, certains professionnels contractent des maladies et des problèmes respiratoires.

Pourquoi utiliser le vaporisateur Apisolis ?

Le vaporisateur permet :

  1. De produire une vapeur douce et homogène, sans chaleur et sans toxicité.
  2. De préserver sa santé, mais aussi celle des abeilles.
  3. De respecter l’environnement.
  4. De garantir la sécurité lors des visites au rucher. Comme il n’y a pas de combustion, il n’y a pas de risque de brûlures ni d’incendies (de véhicules et de forêts).

Le produit utilisé est totalement naturel, composé à partir d’actifs d’huiles essentielles. Il est certifié ECOCERT et FDA.

« Bien qu’il existe des porte-enfumoirs magnétiques pour transporter l’enfumoir du côté extérieur du véhicule, cela n’en reste pas moins dangereux. Il suffit que la voiture roule sur une bosse et que l’enfumoir tombe pour provoquer une situation désastreuse. »

Comment fonctionne le vaporisateur Apisolis ?

« Vous connaissez le principe de la cigarette électronique ? Eh bien, c’est la même chose, mais adapté sur un soufflet ! »

Ainsi, le vaporisateur Apisolis se compose :

  • D’un boitier à l’avant ;
  • D’un soufflet ;
  • D’une cartouche amovible (contenance de 16 ml). Très pratique à remplir ;
  • D’une résistance électrique. Elle est à changer toutes les 500 visites de ruche en moyenne ;
  • D’un connecteur USB. Pour recharger facilement la batterie du vaporisateur.

Les points forts du fonctionnement du vaporisateur Apisolis :

  • Il est facile à mettre en œuvre. Il suffit d’appuyer sur le bouton d’alimentation et d’effectuer 3 pressions du soufflet ;
  • La température se régule automatiquement ;
  • Son autonomie de batterie peut atteindre jusqu’à 40 visites de ruches.
  • Il peut être rechargé depuis son véhicule (si équipé d’un chargeur USB).
  • Il s’accroche sur la combinaison, au niveau de la ceinture.

La formule native utilisée pour créer la fumée est issue de plusieurs années de recherche, c’est un produit breveté !

En conclusion, Damien Albrespy apporte une innovation majeure sur un outil qui, jusqu’à présent, n’avait jamais réellement su évoluer. C’est un défi ambitieux, il fallait oser le faire ! Toutefois, le jeu en vaut la chandelle tant l’objectif est honorable : améliorer le quotidien des apiculteurs tout en préservant leur santé !

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