La miellerie : la maison du miel et de la fabrication artisanale

Miellerie

Extraction du miel, mise en pot, stockage… la miellerie est le lieu où la magie opère ! L’apiculteur y transforme sa récolte en délicieux produits naturels. Êtes-vous prêt à ravir les papilles ? Miels, pollen, gelée royale, propolis, bonbons, pains d’épices ou bougies de cire, les abeilles ont bien travaillé et vous avez du pain sur la planche ! C’est pourquoi votre miellerie doit être fonctionnelle. Comment l’optimiser ? Quel matériel prévoir ? Quelles sont les règles d’hygiène à respecter ? Ma Miellerie vous délivre ses astuces !

De quel matériel apicole avez-vous besoin dans votre miellerie ?

Faire son miel, quelle expérience épanouissante ! La pratique de l’apiculture en amateur ou en professionnel procure toujours les mêmes émotions : de la joie et une pointe de fierté. Alors, quand vient le jour de la récolte de miel, mieux vaut y être bien préparé !

Ainsi, l’achat du matériel doit correspondre avec votre niveau d’activité et la taille de votre rucher. Il est préférable de commencer petit et de s’équiper au fur et à mesure !

Le matériel apicole du petit producteur de miel

Extracteur de miel

Si vous débutez dans l’apiculture et que vous possédez moins de 10 ruches, une miellerie de 10 m² fera amplement l’affaire ! Toutefois, si votre objectif à terme est de devenir apiculteur professionnel, il est judicieux de prévoir un local évolutif, facile à agrandir.

Le minimum requis pour un apiculteur débutant se compose (1) :

  • D’une herse à désoperculer ou d’un couteau à désoperculer ;
  • D’un bac à désoperculer ;
  • D’un extracteur de miel manuel. Un modèle radiaire en inox permet d’extraire de nombreuses variétés de miel (miel d’acacia, sapin, ronce, tilleul, lavande, etc.). Toutefois, pour l’extraction de certains miellats ou de miels épais, comme le miel de bruyère (appelé également miel de callune), il faudra opter pour un extracteur tangentiel ;
  • D’un filtre ou d’un tamis ;
  • D’un maturateur pour stocker hermétiquement le miel et prélever les impuretés.

Le matériel apicole d’une exploitation de taille moyenne

Félicitations, vous avez su développer votre cheptel, vos colonies d’abeilles ont atteint une bonne croissance. Vos récoltes de miel, de pollen, de propolis, voire de gelée royale ont pris de l’ampleur ! Cela signifie également que votre local et votre matériel doivent être repensés.

Une surface minimale de 50 à 80 m² peut s’avérer nécessaire pour prévoir :

  • Une salle d’extraction, digne de ce nom et fonctionnelle ! ;
  • Une chambre chaude pour éviter la cristallisation du miel, dans l’attente de son extraction ;
  • Un espace de stockage pour le miel, pour l’étiquetage et le conditionnement ;
  • Un atelier ;
  • Des WC et des vestiaires (c’est obligatoire si vous embauchez du personnel) ;
  • Un espace extérieur protégé pour déposer les hausses vides.

En matière d’équipements, vous aurez besoin (1) :

  • D’un extracteur électrique ;
  • D’une machine à désoperculer ;
  • D’une pompe à miel ;
  • D’une centrifugeuse à opercules ;
  • De 2 à 3 maturateurs avec filtres et accessoires ;
  • De fûts de stockage.

Le matériel apicole des gros producteurs professionnels

Plus rien ne vous arrête, pas même le frelon asiatique, le varroa, les loques ou les maladies du couvain ! Vous maîtrisez la multiplication de vos essaims d’abeilles. Votre activité est intense, tout comme la vie des abeilles de vos ruchers.

En toute logique, la taille de votre miellerie doit être adaptée à votre production. Une surface d’au moins 100 m² est conseillée ! Cela vous permet de disposer un espace de stockage plus important et de créer des ateliers spécifiques (greffage pour élever de nouvelles reines, atelier cire d’abeille pour faire des bougies, etc.). Pensez également au lieu d’aisance et aux vestiaires pour vos salariés.

Le matériel recommandé pour la fabrication du miel en grande quantité importante comprend (1) :

  • Une machine à désoperculer ;
  • Un bac récepteur et 2 pompes ;
  • Un spinner ou un filtre rotatif ;
  • 5 à 7 maturateurs, avec leurs accessoires ;
  • Une presse à cire ;
  • Plusieurs fûts de stockage ;
  • 1 doseuse.

Des outils pour travailler le miel plus facilement et efficacement

D’autres équipements sont utiles, peu importe votre volume de production de miel, comme le réfractomètre pour contrôler l’hygrométrie du miel, le déshumidificateur pour éviter sa refermentation au-dessus de 18 %, un défigeur pour liquéfier le miel cristallisé ou encore un mélangeur pour obtenir un miel crémeux.

Comment optimiser la fonctionnalité de sa miellerie en 8 points ?

Miellerie optimisée

Ma Miellerie vous délivre ses 8 conseils pour donner à votre miellerie toute la convivialité et la fonctionnalité qu’elle mérite !

  • La localisation

Le local ne doit pas se situer dans une zone polluée (proche d’une autoroute, d’usines, etc.). En effet, les produits de la ruche doivent être à l’abri de toutes sources de contaminants (bactéries, polluants, etc.) avant leur mise en pots.

  • L’accès extérieur

En ayant la possibilité de vous garer devant l’entrée, en disposant d’un garage ou d’un sas, les chargements et déchargements des hausses pleines de miel et du matériel lourd sont facilités !

  • Le raccordement aux réseaux

Même si la réglementation autorise l’utilisation d’une eau propre, l’eau potable demeure recommandée ! En site isolé, il est possible d’installer un groupe électrogène ou des panneaux photovoltaïques. Attention, l’évacuation des eaux usées doit également être prévue.

  • L’herméticité

Aucune abeille pillarde ni aucun nuisible ne doivent pouvoir entrer dans la salle d’extraction, notamment en période de disette. Ainsi, chaque interstice doit être rebouché.

  • La circulation intérieure

Des ouvertures larges (> 85 m²) simplifient le transport des chariots et des palettes.

  • L’aération

L’humidité nuit à la qualité du miel. Des fenêtres de type « soufflet » avec moustiquaire ou avec « chasse-abeilles » offrent une bonne solution de ventilation naturelle. Le recours à un déshumidificateur est souvent nécessaire !

  • L’éclairage

La miellerie est un lieu de travail, certes ! Mais, en y apportant une bonne luminosité (et de la musique), il n’en deviendra que plus agréable.

  • La température et l’hygrométrie

La température recommandée pour extraire le miel est de 20 à 25 °C avec un taux d’humidité < 60 % pour produire du miel dans de bonnes conditions. Munissez-vous d’un thermomètre, d’un hygromètre et d’un réfractomètre !

Une alternative : les mielleries collectives

Vous êtes apiculteur amateur et vous ne souhaitez pas investir pour le moment dans du matériel et dans un local ? Sachez que vous pouvez tout à fait produire votre miel dans une miellerie collective ! Vous bénéficiez ainsi de tout l’équipement nécessaire et d’un lieu conforme aux normes d’hygiène et de sécurité ! C’est également l’occasion pour vous de rencontrer d’autres apiculteurs, de vous former, et de développer des partenariats !

L’hygiène d’une miellerie : une règle incontournable !

S’il y a bien un point sur lequel il ne faut pas lésiner, c’est sur le respect des règles d’hygiène de votre miellerie ! Dans les grandes lignes, voici un rappel des règles de base à respecter :

  • Le local doit être facile à nettoyer avant et après chaque période d’extraction. En effet, le miel colle énormément, la propolis est difficile à gratter… Le carrelage au sol et mural est idéal, à condition de prévoir des joints rasants en résine (pas en ciment) pour éviter les moisissures ;
  • Les eaux usées doivent pouvoir s’évacuer facilement. Un siphon au sol avec une légère pente concentrique est une bonne solution ;
  • Les contenants et les hausses vides doivent être stockés au dehors de la salle d’extraction. Les pots en verre propres sont à protéger hermétiquement ;
  • Les produits de nettoyage sont à placer dans un rangement fermé ;
  • L’hygiène corporelle (mains lavées, ongles propres, etc.) et la propreté des vêtements (tabliers, surchaussures et charlottes) doivent être impeccables ;
  • Le local doit être équipé d’un lave-mains facile à utiliser, avec capteur ou avec pédale au sol ;
  • Il ne faut pas fumer dans la miellerie ni y faire rentrer d’animaux.

Zoom sur le principe de « la marche en avant »

Marche en avant

Le procédé de « la marche en avant » est bien connu dans le domaine de l’agroalimentaire. Il s’agit d’une méthode d’organisation de l’espace très efficace. En effet, l’idée est de séparer les « zones sales » (le circuit des hausses) des « zones propres » (le circuit du miel). Ainsi, le risque de contamination du miel et des produits dérivés de la ruche est réduit !

Dans les faits, cela suppose une organisation de la miellerie en plusieurs pôles, pas toujours facile à mettre en œuvre :

  1. Le stockage des piles de hausses remplies de miel à l’entrée de la miellerie ou en chambre chaude, pour obtenir un miel liquide plus facile à travailler. Attention à bien vérifier l’absence d’abeilles sur les cadres de cire.
  2. La désoperculation des cadres. Les alvéoles du miel sont ouvertes au-dessus d’un bac à désoperculer, à l’aide d’un couteau à désoperculer, mais jamais au niveau de l’extracteur ou du maturateur.
  3. L’extraction. Les cadres de miel sont insérés dans l’extracteur.
  4. La filtration et la décantation. Le miel extrait est filtré dans un tamis placé en partie haute du maturateur. Les impuretés et les bulles d’air du miel sont évacuées.
  5. Le conditionnement. Le miel est versé dans des pots de miel propres et étiquetés.
  6. Le stockage. Les pots sont transportés dans une pièce à température régulée.

À chacune de ces étapes, il ne doit pas y avoir de retour en arrière ! Les hausses et les cadres vides, les opercules et les déchets ne doivent jamais croiser le chemin du miel en phase de production.

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