Visite de printemps : les prémices de la nouvelle saison apicole

Visite de printemps

Alors que les températures extérieures commencent à remonter, vous vous apprêtez à ouvrir vos ruches pour la première fois de l’année ! Cette période, qui marque le début de la saison apicole, est aussi celle du diagnostic et des actions à mener ! Comment s’est déroulé l’hivernage ? La reine est-elle toujours fertile, a-t-elle repris sa ponte ? Quel est l’état de santé de vos abeilles d’hiver ? Autant de points à contrôler ! Avec Ma Miellerie, n’omettez aucun détail pour votre visite de printemps.

Quels sont les objectifs de la visite de printemps ?

Le mois de mars met en joie tous les apiculteurs, car l’arrivée des beaux jours est synonyme de reprise d’activité des abeilles ! Bientôt, la floraison des premières plantes mellifères provoquera l’euphorie au rucher ! Toutefois, n’oubliez pas que pour l’heure, vos colonies vivent une période assez difficile. Comme elles n’ont cessé de puiser sur leurs réserves pendant l’hivernage, elles ne sont pas toujours au meilleur de leur forme.

En tant qu’apiculteur, votre rôle est donc de les accompagner dans leur développement, de les nourrir et de les soigner si besoin !

Le diagnostic visuel : que vérifier lors de la visite de printemps ?

Cette première visite de printemps est certainement l’une des plus importantes de l’année ! Vous allez devoir être rapide et efficace, car en ouvrant vos ruches et en manipulant les cadres, vous refroidissez la colonie. Notez simplement qu’en présence de couvain, la température optimale de développement se situe autour de 35 °C.

Alors, comment allier vitesse et performance ? En réalité, comme souvent en apiculture, l’organisation et l’anticipation sont la clé ! À l’issue de votre visite, 5 objectifs devront être réalisés :

  1. Contrôler l’état sanitaire des abeilles et la propreté de la ruche.
  2. Vérifier la présence de couvain et s’assurer de la qualité de la ponte.
  3. Repérer la reine s’il n’y a pas de ponte. Vous pourrez la marquer plus tard si ce n’est pas déjà fait.
  4. Faire l’inventaire des provisions des cadres de miel et de pollen.
  5. Observer et analyser le dynamisme du cheptel.

L’évaluation de la force d’une colonie

Diagnostic visuel

Certains signes ne trompent pas ! Avec un peu d’expérience et de rigueur, vous saurez rapidement les interpréter ! Si vous êtes apiculteur amateur, il peut être utile de vous faire accompagner par un apiculteur professionnel pour cette première visite de printemps, ô combien essentielle ! Les ruchers-écoles proposent également une formation apicole spécifiquement dédiée à cette mission.

Un essaim d’abeilles en bonne santé se repère facilement :

  • La ruche est peuplée d’abeilles actives. Si la météo est favorable, les butineuses partent à la recherche de pollen et de fleurs à butiner. Peut-être ont-elles déjà effectué leur première récolte ! L’activité est palpable sur la planche d’envol ;
  • La ruche contient plusieurs cadres de couvain, à différents stades d’avancement (œufs, larves, couvain frais ou operculé) ;
  • La ruche dispose d’une réserve de miel et de pollen. Le nectar se faisant rare à cette époque de l’année et la météo n’étant pas toujours clémente, il est parfois difficile pour vos abeilles de produire du miel. Vous pourrez néanmoins trouver les premiers pollens, notamment de saule et de noisetier. Il est souvent nécessaire d’apporter un nourrissement (miel, candi ou sirop) pour favoriser le développement de la colonie.

La détection des maladies

Si l’hivernage s’est mal déroulé, il faut agir vite ! La santé des abeilles est peut-être en péril ! En cas de grosse infestation lors de la visite de printemps, il est recommandé de contacter l’agent sanitaire de votre département.

L’odeur dégagée à l’ouverture de la ruche doit être agréable ! Si à l’inverse, elle est pestilentielle, aigre ou putride, il est probable que le couvain soit infesté par des parasites (loque américaine ou loque européenne). Vous pouvez le constater au niveau des larves, d’ordinaire d’un blanc nacré, qui brunissent après l’operculation des cellules. L’opercule s’affaisse alors et s’assombrit ! Des mycoses peuvent également affecter le couvain en leur donnant une apparence plâtrée.

Par ailleurs, le fait d’apercevoir des déjections, même sur la planche d’envol, n’est pas normal ! En effet, comme les abeilles sont dépourvues de système immunitaire, elles aseptisent et nettoient toujours du mieux possible l’intérieur de leur ruche et des alvéoles. Il y a alors fort à parier que la colonie est atteinte de nosémose.

Enfin, si vous apercevez des abeilles traînantes ou avec des ailes déformées, cela peut signifier qu’elles sont victimes d’une attaque de varroas ou atteintes d’acariose !

Vérifiez aussi que la fausse teigne ne s’est pas installée, visible par des galeries dans les rayons de cire, la présence de larves, de cocons. Attention enfin aux petits rongeurs qui aiment s’abriter au chaud et dévorer les réserves, au péril de leur vie.

La qualité de la ponte

Une bonne ponte assure le repeuplement de vos colonies ! C’est au printemps que la reine doit pondre les nouvelles abeilles d’été pour renouveler intégralement le cheptel.

Ainsi, plusieurs cadres de couvain doivent être amorcés. En principe, il ne devrait pas y avoir de couvain de mâles (faux bourdons). Le cas échéant, il faut s’assurer que la reine n’a pas de problème de fécondation et que ce ne sont pas les abeilles ouvrières qui pondent. Une ruche bourdonneuse est vouée à disparaître !

Attention :

Un couvain en mosaïque, comportant de nombreux trous, est à surveiller de près ! En début de saison, ce n’est pas systématiquement préoccupant, mais cela le deviendra si le problème persiste.

Comment faire la visite de printemps ?

Matériel apicole à prévoir

Maintenant que vous connaissez tous les points essentiels à vérifier, place à l’action ! Mais attention, pas de précipitation ! Choisissez un jour ensoleillé, sans vent et sans pluie, et jamais en dessous de 12 °C.

Le matériel nécessaire à prévoir pour réaliser la visite de printemps

Sortez votre plus belle panoplie et votre matériel d’apiculture, il est grand temps de rendre visite à vos abeilles ! Ainsi, prévoyez :

  • Votre enfumoir et son combustible ;
  • Votre lève-cadre, tout aussi indispensable que l’enfumoir ;
  • Votre combinaison complète (vareuse, gants, etc.). Les abeilles d’hiver peuvent parfois être un peu plus agressives ;
  • Une brosse, pour enlever les abeilles des cadres sans les blesser ;
  • Un grattoir ;
  • 2 cadres de cire gaufrée neufs par ruche ;
  • Un seau pour recueillir la cire et la propolis prélevées ;
  • De l’eau de Javel, pour désinfecter les outils et les gants ;
  • Un plancher de sol propre par ruche.

La visite de printemps de vos ruches en 10 étapes

  1. Observez la planche d’envol et le comportement des abeilles. Repérez les traces de nosémose.
  2. Enfumez légèrement le trou d’envol, attendez quelques minutes puis ouvrez le toit.
  3. Entrebâillez le couvre-cadres et enfumez légèrement à nouveau.
  4. Enlevez le couvre-cadre et grattez les dépôts de cire au-dessus des cadres.
  5. Inspectez rapidement les cadres un à un, en commençant par les cadres de rive. Il doit y avoir idéalement 3 cadres de couvain à différents stades d’avancement. Vérifiez qu’il n’y a pas de moisissure ou autre dégât, ou retirez le cadre concerné.
  6. Ajoutez des cadres neufs si vous aviez réduit pour l’hivernage, à condition que la colonie soit déjà populeuse. Supprimez dans ce cas la partition. Pensez à offrir un espace suffisant, mais pas trop pour limiter l’effort de chauffage de la colonie.
  7. Déplacez-les toujours dans le même sens en veillant à ne pas écraser les abeilles ni la reine. Repérez la présence de la reine si vous n’avez pas vu de couvain. Si elle est marquée, l’opération est facilitée. De plus, la couleur du marquage permet de se souvenir de son âge (jaune en 2022).
  8. Vérifiez l’état des provisions de miel et de pollen. Ajoutez du nourrissement (candi encore début mars) si nécessaire. Vos abeilles ont besoin d’une grande quantité de nourriture pour relancer leurs activités.
  9. Remplacez le plancher de sol avec un plancher propre ou neuf et refermez la ruche.
  10. Installez un abreuvoir à proximité pour faciliter le travail des porteuses d’eau, débroussaillez les environs de la ruche, favorisez l’ensoleillement.

Le rapport de visite de printemps : l’étape finale à ne pas négliger !

Le rapport de visite de printemps permet de dresser l’état des forces et faiblesses des ruchers. Ainsi, vous serez capable d’élaborer un plan d’action et une stratégie à long terme ! Tout apiculteur professionnel vous le confirmera : cette prise de notes est essentielle pour améliorer votre pratique de l’apiculture :

  1. Assurer un suivi efficace des différents stades de développement de vos ruches et surveiller les faiblesses, mais aussi la « surchauffe » et les futurs risques d’essaimage.
  2. Comptabiliser le nombre de cadres de provisions et de couvain, et équilibrer potentiellement les ruches.
  3. Noter la quantité et la date de l’ajout du nourrissement.
  4. Contrôler la santé des abeilles et diminuer la mortalité, traiter les ruches affectées, selon le type de parasite ou de virus.
  5. Anticiper l’élevage de reines ou l’achat de reines fécondées.
  6. Assurer le développement de vos essaims d’abeilles pour obtenir des colonies fortes au moment des miellées locales.
  7. Repérer les meilleures ruches pour la récolte de pollen ou de propolis, mais aussi récolter plus de miel.
  8. Réfléchir à vos besoins futurs en matériel apicole, notamment le nombre de cadres, de hausses…
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